Publié en janvier 2026
Formation Téléconsultation Télémédecine Accès aux soins
Voir également :Entre janvier 2020 et décembre 2024, près de 69 millions de téléconsultations ont été facturées à l’Assurance maladie, correspondant à 1,7 milliards d’€ remboursés (17,3 millions en 2020, 13,2 millions en 2021, 12,6 millions en 2022, 11,7 millions en 2023, et 13,9 en 2024).
Sur l’année 2024, le recours à la téléconsultation a augmenté de près de 18,7%, une progression qui se poursuit sur le 1er trimestre 2025 (14 millions de consultations en 2025).
La télémédecine s'est ainsi installée durablement mais l'on constate un ralentissement. La Cour de comptes, saisie par la commission des affaires sociales du Sénat, a ainsi rendu son rapport en avril 2025, pour évaluer l’impact des téléconsultations sur l’accès aux soins, la qualité de la prise en charge et les conditions d’exercice des professionnels de santé (« Les téléconsultations – Une place limitée dans le système de santé, une stratégie à clarifier pour améliorer l’accès aux soins », avril 2025). Le constat était mitigé. La Cour des comptes relevait que l'État n’avait pas défini d’objectifs opérationnels suffisamment précis dans sa convention d’objectifs et de gestion avec la Cnam pour la période 2023-2027, et que les téléconsultations ne bénéficiaient pas aux publics qui devraient en être les principaux destinataires (voir notre veille “La téléconsultation au crible de la Cour des Comptes”, avril 2025).
Les Assises nationales de la télémédecine 2025-2026 ont permis, au long de 2025, la tenue d’auditions d’acteurs clés menées par la direction générale de l’offre de soins (DGOS) et la CNAM et l’organisation de 7 ateliers thématiques en région.
Ces conclusions ont été restituées au ministère le 26 janvier 2026, ce qui a permis à Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées de présenter une feuille de route organisée autour de 4 axes, afin de répondre à un double enjeu :
– renforcer l’égal accès aux soins dans tous les territoires (avec un déploiement prioritaire dans les zones sous-dotées) et pour tous les patients (âgés, en situation de dépendance, de handicap…) ;
– conforter la télémédecine, tant pour les téléconsultations que pour la téléexpertise, dans les pratiques professionnelles des médecins traitants et spécialistes.
Les thématiques clés seraient les suivantes :
– développer les compétences des professionnels de santé en matière de télémédecine et télé-sémiologie ; elles doivent être renforcées et mieux structurées en formation initiale et continue.
– renforcer la place de la télémédecine dans le suivi et le parcours des patients ; l'objectif est ainsi de permettre l’accès, dans chacune des futures maisons France Santé, à l’expertise spécialisée des établissements de santé de leur territoire, et de rendre obligatoire un résumé de téléconsultation à destination du médecin traitant.
– déployer les possibilités de téléconsultation au bénéfice des patients qui en ont le plus besoin ce qui s'articule autour de quatre points : permettre des dérogations ciblées au seuil des 20 % liées à la situation du médecin (retraités, remplaçants, moments de vie particuliers comme après la naissance d’un enfant) ou à certaines situations de tensions sur l’offre de soins (été/hiver par exemple), favoriser la téléconsultation accompagnée dans les établissements ou services médico-sociaux, permettre aux assistants médicaux d’accompagner la téléconsultation lorsque le patient téléconsulte avec son médecin traitant, élaborer un annuaire des bornes de téléconsultation accessibles aux personnes en situation de handicap.
– limiter les dérives en encadrant davantage les lieux d’implantation des équipements de téléconsultation (sur la base des recommandations de la HAS de 2024) et en mettant en place une obligation de déclaration préalable aux ARS avec une information aux CPAM et aux CPTS.