Préparer l’accès aux soins non programmés et de médecine d’urgence durant l’été 2026

Chaque été, l'accès aux soins d'urgence s'avère compliqué : manque de personnel, ouvertures restreintes des services voire services fermés. Des instructions organisent ainsi cette période (voir notre veille “Accès aux soins non programmés et médecine d'urgence durant l'été 2025 : une instruction cadre le dispositif”).

Afin d'organiser au mieux cette période, une circulaire n° DGOS/AS3/DGS/2026/66 du 29 mai 2026 est relative à la préparation du système de santé afin de garantir l’accès aux soins non programmés et de médecine d’urgence durant l’été 2026, à l’exception de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie. Il s'agit de mettre en place des plans d’action ville-hôpital sur la base de diagnostics territorialisés articulés autour de trois exigences, pilotés par les ARS.

 

1 - Faire progresser le « bon recours » au système de soins, et renforcer le déploiement opérationnel du Service d’accès aux soins (SAS)

La solution n'est guère innovante et le constat demeure finalement le même : les usagers peinent à utiliser d'autres voies que l'accès direct aux urgences. Le recours au SAS s'avère ainsi crucial et il faut assurer une campagne territorialisée d’information sur le bon recours aux soins (voir notre fiche “Le service d'accès aux soins (SAS)”). En parallèle, il faut sécuriser la continuité de la régulation et de l’effection (créneaux disponibles) sur toute la période estivale, notamment en zones touristiques, et d’anticiper les pics d’activité, ce qui induit d'identifier, dès à présent, les fragilités en termes de ressources (médecins, infirmiers, assistants de régulation médicale…) et de mobiliser tous les leviers disponibles pour garantir une réponse de qualité.

 

2 - Mettre en place, dès que nécessaire, la régulation de l’accès aux urgences

Pour ce faire, la ministre demande :

- D’identifier les établissements les plus susceptibles d’être en tension et de préparer à l’avance les dispositifs de régulation (organisation, horaires, articulation avec les services d'aide médicale urgente (SAMU)-SAS, les transporteurs sanitaires et les services d’incendie et de secours) ;
- De vérifier la capacité de la régulation médicale à absorber le surcroît d’appels ;
- De mettre en place, lorsque c’est pertinent, cette régulation en lien étroit avec les représentants hospitaliers, les élus et les représentants des usagers, pour garantir compréhension, acceptabilité et cohérence territoriale.

 

3 - Mobiliser pleinement la médecine de ville

La réorientation, vers la ville, des patients arrivés aux urgences et relevant d’une prise en charge de médecine générale doit être davantage systématique. Pour autant, toute fragilité sur l’offre de soins de ville se traduit mécaniquement sur un report vers les services d’urgences.

L'organisation doit ainsi associer les conseils départementaux du Conseil national de l’Ordre national des médecins, les unions régionales des professionnels de santé (URPS), les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et les associations de permanence des soins ambulatoires (PDSA) pour établir une cartographie des risques et un plan de couverture estivale (tableaux de garde, articulation ville-SAS-hôpital, organisation territoriale via les CPTS ainsi que les maisons et centres de santé, pour proposer des solutions visibles aux patients (créneaux rapides, consultations dédiées et relais pendant les congés).

 

Quatre annexes complètes cette circulaire.

Annexe 1 : Mesures organisationnelles
Annexe 2 : Leviers en ressources humaines (déplafonnement des heures supplémentaires, prime de solidarité territoriale ou d'exercice territorial, prime d'engagement collectif, renforts d’étudiants hospitaliers…)
Annexe 3 : Gestion des tensions hospitalières
Annexe 4 : Régulation de l’accès aux urgences